Pasteur Richard Priso Moungolè , Vice-Président
« Il y a eu beaucoup de gens mais pas de débats »


L'Appel : Le Pasteur Priso Moungolè n’a pas changé de maison, mais seulement, il a changé de chambre. Pasteur, est-ce qu’il est facile de changer de chambre dans une maison ?

Pr Richard Priso Mongole : C’est quand même un peu difficile, surtout lorsqu’on ne maîtrise pas la configuration de ces chambres. Mais c’est quand même aussi facile parce qu’on est pas sorti de la maison et on connaît les lieux.. Sinon, cela vaut bien une petite réflexion profonde avant de regagner la nouvelle pièce.. Alors j’avoue pour les deux cas, je dirais que c’est à la fois difficile et facile.

L'Appel : Le poste que vous allez désormais occuper fait beaucoup réfléchir parce que d’aucun ne connaît réellement son contenu. Qu’est-ce que vous pensez aujourd’hui du poste de Vice-Présidence d’Eglise ?

Pr Richard Priso Mongole : Il faut y aller à partir des textes de base, consulter les attributions du Vice-Président de l’Eglise Evangélique du Cameroun. Mais le plus important, c’est que le Vice-Président est à côté du Président. Il est son collaborateur capable de lui alléger la tâche, sa surcharge de travail allant jusqu’à la délégation de certains pouvoirs. Alors, je travaille avec le Président. C’est cette collaboration qui est ma feuille de route me permettant de travailler à fond au niveau de mon poste. Et vous savez que dans l’Eglise Evangélique du Cameroun, le Vice-Président est chargé du personnel et chargé des mouvements.. Il n’ y a pas mal à faire là dedans. Maîtriser le mouvement du personnel, maîtriser les mouvements d’actions évangéliques à notre disposition, en l’occurrence, le DUFC (Département de l’Union des Femmes Chrétiennes), le Département de la Jeunesse, le Culte d’enfants …

L'Appel : Pasteur, pour la première fois la grande Eglise s’est présentée ici au synode (18 régions synodales). Vous qui avez, avec tous les autres, géré cette transition, quels sentiments éprouvez-vous aujourd’hui ?

Pr Richard Priso Mongole :Un sentiment mitigé. C’est vrai, d’un côté il y a eu satisfaction. Nous avons pu travailler malgré cette masse humaine de délégués, venue de partout, présente à Yabassi pour prendre part aux travaux du 53è Synode Général de l’Eglise Evangélique du Cameroun.. Mais mon sentiment est un peu mitigé parce qu’il n’ y a pas eu des débats. Certes, nous avons renforcé le synode, mais dans une organisation telle que le Synode Général, je ne pense pas que ce renforcement en valait la peine. Il y a eu beaucoup de gens mais pas de débats. Quand bien même il en aurait, je ne saurai dire comment il faudrait gérer toute cette masse humaine. Ici à Yabassi, le nombre de synodaux a été multiplié au moins par trois. Alors, on attend voir ; surtout que c’était un synode électif. Tout le monde était anxieux. C’est à partir de 2010 qu’on connaîtra même la qualité des délégués siégeant au Synode Général.

L'Appel : Justement, il faut arriver à mettre un point sur les délégués au synode. Il faut bien relever que non seulement il n’ y a pas eu de débats, mais aussi, il y a eu beaucoup de perturbations. Comment l’Eglise dans les prochaines années va- t- elle résorber cette situation ?

Pr Richard Priso Mongole : Nous venons d’effectuer des élections des Anciens d’Eglise et aussi des Délégués au Synode. Nous sommes obligés de gérer ce problème pendant cinq ans. On ne peut plus reculer. Mais je pense qu’après cinq ans, tout va rentrer dans l’ordre grâce aux nouveaux textes de base qui prévoient de limiter certaines choses dont les quotas et les effectifs. Mais en attendant, nous devons gérer la situation pendant ces cinq ans.

L'Appel : Pasteur Priso Moungolè Richard, du Secrétaire d’Eglise au Vice-Président d’Eglise. Que ressentez-vous ?

Pr Richard Priso Mongole : Qu’est-ce que je ressens ? Je suis entré au secrétariat d’Eglise sans documents et je ne connaissais absolument rien. Un bureau m’a été attribué. J’ai reçu des archives. Je me suis mis à travailler. Aujourd’hui, je sors de ce bureau pour entrer dans un autre bureau, je pense que je vais faire le constat des lieux ; je vais aussi voir comment je vais me mettre au travail avec mon nouveau statut de Vice-Président de l’Eglise Evangélique du Cameroun. Pour l’instant, je ne peux pas me prononcer sur ce que je pense de mon nouveau poste.


Propos recueillis par Catherine Modi Din