Pasteur Pierre NJUMWET

- 1925 : naissance à Njimon dans le Noun.
- 1945 : il obtient le CEPE.
- 1946 : il entre à l'Ecole des Moniteurs à Ndounguè qui sera déménagée à Mbouo en 1948.
- 1949 : il termine ses études à Mbouo, couronnées par le diplôme de Moniteur de L'Enseignement Général. Ce sera d'ailleurs la dernière promotion.
-1948 -1951 : Enseignant à Njissé
-1951 - 1953 : Enseignant à Baïgom. Il ouvre une classe du CE 2 (Cours élémentaire 2è année)
-1953 : Entrée à l'Ecole de Théologie de Ndounguè. Cette promotion est dite de transition. Car le passage " La Mission française " à l'Eglise Evangélique du Cameroun s'est opéré lorsqu'elle était encore aux études. La Mission Française a accordé l'autonomie à L'Eglise Evangélique du Cameroun le 10 mars 1957 à Douala, tandis que cette promotion est sortie en Avril 1957.
-03 avril 1960 : Consécration pastorale 1995 : mise à la retraite
Le Pasteur Pierre NJUMWET a effectué 35 ans de ministère pastoral appelé Région Bamouri.
-1960 -1966 : Foumban 1966 -1990 : Foumbot
-1990 - 1991 : Nkounja
-1991 - 1995 : Président de la Région Synodale du Noun. Il est le premier à penser à l'éclatement du Noun à l'instar du territoire Bamiléké, moins grand mais mettant à profit l'éloignement des paroisses pour créer les régions synodales, rendant ainsi l'Eglise prolifique.

-Autres activités : Secrétaire régional Censeur régional De l'Eglise qui fête son Jubilé, le Pasteur NJUMWET a émis un certain nombre d'idées bien pensées et dignes d'un patriarche.
D'abord, une petite évocation historique : Il a vécu, en 1953, les premières réactions de rejet du clergé camerounais par rapport à la Mission qui, avant tout, est collaboratrice du Colonisateur. Le différend MARTIN / eecué MUISHE en est l'illustration. C'était un moment délicat où deux tendances s'affrontaient ouvertement. Chacune tenant fermement sa position. La suite, on la connaît. C'est l'autonomie.
Au plan politique, le Pasteur NJUMWET relève que la situation était ainsi. Il était clairement retenu que les missionnaires, catholiques ou protestants étaient des agents de la métropole. Leur rôle était d'asseoir la politique de l'Administration coloniale dans leurs secteurs d'activités. La querelle MARTIN / MUISHE est la conséquence de cette politique qui fait du Blanc le supérieur du Noir. Le pasteur MARTIN en soi n'avait aucune mauvaise velléité.
Autre chose, le Jubilé est " Bienvenue ". Car dit-il, il est la conséquence de la conception de 1953. Il se rappelle très bien lorsqu'il a été demandé au pasteur eecué MUISHE d'écrire pour pérenniser ces moments forts de l'histoire de l'Eglise, il n'a pas voulu, disant que les contemporains ne peuvent pas témoigner objectivement. Cela aurait été un risque. Alors, le Jubilé, c'est la fête de la victoire commencée le 10 mars 1957 à Douala, jour de l'autonomie.
En guise de conclusion, Le Pasteur NJUMWET parle de l'EEC. Il dit qu'il a noté l'évolution de son Eglise qui est patente. Mais il a peur que ce soit un grand arbre qui ne donne que de l'ombre. Aussi, est-ce une forêt sans buissons. Pourtant, c'est dans les buissons que se développe le gibier. Une forêt giboyeuse est celle-là qui est composée de grands arbres et des buissons bien touffus.. Le matérialisme qui sévit dans l'Eglise lui fait peur. C'est une grande tentation pour les jeunes ouvriers qui visent seulement les postes dont l'assiette financière est confortable. La pratique de la simonie fait échec à la spiritualité et à la crédibilité de l'Eglise dans la société. L'Eglise n'est plus ni sel, ni lumière du monde parce qu'elle ne prêche plus correctement l'amour du plus petit, ne défend plus la veuve et l'orphelin, bref l'indigent. Le pasteur d'aujourd'hui est permanent chez les nantis. Il est devenu indigeste. Il est temps pour le Jubilé de revenir à Dieu et à son Eglise.
Témoignages recueillis par Jacques NGAHANE