La Société des Missions Evangéliques de Paris (1917 - 1957)

L'Allemagne ayant perdu la guerre, ses territoires coloniaux sont placés sous l'égide de la Société des Nations (SDN). Le Cameroun est sous mandat britannique et français. La Mission de Bâle ne peut plus exercer au Cameroun. Elle cède le fauteuil à l'organisation missionnaire française, la Société des Missions Evangéliques de Paris (SMEP).
1917 : Débarquement des premiers missionnaires Français. Consolidation des acquis et nouveau déploiement sur le terrain par la création de nouvelles stations et des oeuvres de témoignage.
1957 : la SMEP a la lourde responsabilité d'accorder à l'Eglise du Cameroun, son autonomie.

Mission et Eglise locale

Le point de départ :
L'appropriation de L'évangélisation après la guerre par les autochtones marque le point de départ de l'émancipation de la jeune Eglise Camerounaise. Dès 1917, entre le départ des Bâlois et l'arrivée des Français, la soudure était assurée. Les jeunes Pasteurs Ekollo, Kouo Issedou et Modi Din se prennent en charge. Ils se mettent au travail pour reconstituer l'Eglise et pour l'affirmer dans sa fidélité. eeceph KOUO ISSEDOU de Bonakou s'est vu confié la région de Malimba, Lobéthal, Edéa, Sakbayémè... eeceph EKOLLO de son poste de Bonabéri s'occupait de Mangamba (Moungo sud). Jacob MODI DIN après sa libération opte pour L'évangélisation, d'abord dans l'actuel Sud-Ouest (Nyassosso, Mongo, Great Soppo...) ensuite à l'intérieur du pays en l'occurrence le Grassfield. Il s'installe à Nkongsamba. Missionnaires dans leur propre pays dans un dénuement total, ces pasteurs vivaient de la pêche, des travaux champêtres et du petit commerce. Les conditions de travail étaient aussi dures. La conviction et la Foi qui les animaient leur suffisaient. Le résultat est la formation d' un nouveau type D'homme, le Camerounais moderne. Cette période est la première marche menant à l'autonomie car elle servira plus tard d'argument.

La prise de conscience
A son arrivée, la SMEP va procéder à la création des structures de fonctionnement qui apparemment visaient l'autonomie de l'Eglise naissante. Il s'agissait, en fait, de mettre en place un outil de contrôle au profit de l'administration coloniale.
*La Commission Synodale : lieu de rencontre entre les missionnaires et les pasteurs
*La Conférence des missionnaires, uniquement pour les Blancs, justifiée par l'impossibilité pour les ouvriers autochtones de s'auto gérer. Cette institution et son contenu engendrent les premiers conflits, parce qu'en fait, les missionnaires ne considèrent pas le clergé local comme des collègues. Cependant, les lois et règlements administratifs leur confèrent une existence juridique. Ainsi, les esprits avertis se sont donc mis à la réflexion. C'était vers 1930.