La naissance de l'Eglise Evangélique du Cameroun

1940 : Il s'agit d'un concours de circonstances. Les décisions administratives et politiques coloniales continuent en faveur de l'Eglise autochtone. En effet, tous les problèmes du champ missionnaire Cameroun se ramenaient à la question d'autonomie. L'administration coloniale a formulé le désir de sortir les pasteurs et les prêtres indigènes de l'indigénat en leur donnant un statut de citoyens. La réaction des missionnaires fut brutale car ils se rendaient compte que leur autorité était bafouée Le moment était fort mal indiqué car l'oeuvre grandissait. Les camerounais ont saisi l'occasion pour se positionner.

Dès 1940 les Camerounais engagent le débat sur :
* La création et la gestion des lieux de culte
* L'auto portance
* L'indigénation
* La formation théologique
* La collaboration dans la collégialité

1947 : La Conférence Missionnaire introduit, à ses assises, les délégués indigènes (pasteurs et laïcs). La conférence ainsi élargie procède à l'élaboration d'une constitution. Cette constitution, mise en application en 1949, fut ratifiée à la Commission Synodale Générale de Janvier 1951.

1951 : L'autorité administrative accorde à l'Eglise Evangélique du Cameroun naissante la personnalité civile et juridique par décision du 29 Mars 1951. Le premier Conseil d'Administration était composé comme suit :
Président : Pasteur Paul HELMLINGER (SMEP)
Vice-Président : Pasteur Jacob MODI DIN (EEC)
Membres : Pasteurs BERGERET et Paul JOCKI
La même année est publiée la 1ère Constitution.

1953 : Nouvelle crise, les pasteurs camerounais affirment leur maturité et le pouvoir de s'auto porter. Le déclic a lieu à Foumban où une crise aiguë oppose le pasteur eecué MUISHE au missionnaire Henri MARTIN sur l'organisation administrative et matérielle de l'Eglise. Conscients de l'importance et la force que leur confère l'autorisation administrative, la jeune EEC s'émancipe. Elle programme la prise en main de sa gestion. Une Eglise placée sous la direction des Africains, pour les Africains et par les Africains.

1955 : Le réseau est mis en place. Les pasteurs se réunissent régulièrement à Ndounguè pour parler " Eglise ", de sa constitution, de son autonomie, de son plan d'action et des moyens pour atteindre ces objectifs.

1956 à Foumban : La pastorale camerounaise et quelques Anciens d'Eglise adressent une demande d'autonomie à la Commission Synodale. La demande est, par la suite, transmise à Paris. Entre temps, la Commission Synodale Générale se tient, toujours à Foumban, du 1er au 03 Août. C'est au cours de ces assises qu'intervient " la révolution du palais " . Les Camerounais, s'étant préparés depuis longtemps d'arracher l'autonomie de l'Eglise par rapport à la mission de tutelle, ont réussi l'exploit. L'autonomie est accordée. Ainsi naquit l'Eglise Evangélique du Cameroun. L'Eglise Evangélique du Cameroun, concrètement, est visible. Elle a des repères (stations et lieux de culte, oeuvres de témoignage), des ressources humaines (pasteurs et laïcs, personnel des oeuvres, mouvements...) et la Constitution et autres documents officiels de l'Administration Française.

1957 : Le 10 Mars au Temple du Centenaire, à Douala, en présence du Pasteur Charles WESTPHAL, Vice-président de la SMEP et Vice-président de la Fédération Protestante de France, la pleine autonomie est accordée à deux congrégations :
-   L'Eglise Evangélique du Cameroun (EEC)
-   L'Union des Eglises Batistes du Cameroun (U.E.B.C)
Les deux Eglises, sous l'instigation des Missionnaires sortant, constituent, à leur tour, le Conseil des Eglises Baptiste et Evangélique du Cameroun (C.E.BE.C) pour la coordination des Oeuvres de témoignage.