Institut Protestant de Théologie de Ndoungué

Assurer une formation de qualité


Pendant plus de cinquante ans, cette institution a formé des serviteurs de Dieu au Cameroun et en Afrique. Des pasteurs capables de répondre aux exigences de l'heure dans un monde en pleine mutation. .

 

L'Institut Protestant de Théologie de Ndoungué est situé sur le flanc du Mont Manengoumba, à 800 m d'altitude, en retrait de 5km de l'axe lourd Nkongsamba- Douala. En face de lui se dresse majestueusement le Mont Nlonako. Son emplacement entre les deux montagnes lui offre de grandes précipitations avec un climat frais et humide propice à la méditation et aux études.

De l'Ecole de Catéchistes de Bonabéri à l'Institut Protestant de Théologie de Ndoungué

L'Ecole de Théologie Protestante de Ndoungué à son origine est une école de catéchistes située à Bonabéri et créée en 1894. A l'époque, cette école est la toute première institution formelle pour la formation biblique et théologique en Afrique.

En 1899, cette école biblique pour les natifs est transférée à Buéa où elle va fonctionner comme séminaire et former un certain nombre de futurs pasteurs dont eeceph KUO ISSEDOU , Jacob MODI DIN et eeceph EKOLLO. La première guerre mondiale va paralyser et faire suspendre ses activités. Elles reprendront après la guerre de nouveau à Bonaku à Douala. Et en 1924, ses nouveaux sites seront successivement Ntolo et Ndoungué. Mais elle garde le statut d'une école de formation de catéchistes comme à son origine. Plus tard en 1930, dans le but de perfectionner cette école, la Société des Missions Evangéliques de Paris(SMEP) la transforme en Ecole Pastorale. Enfin en pleine guerre, la SMEP décide de transformer cette école pastorale en une Ecole de Théologie Protestante inter-champs. Ceci nous amène à parler de la création proprement dite de l'Ecole de Théologie Protestante de Ndoungué et de son évolution jusqu'à l'avènement de l'Institut Protestant de Théologie de Ndoungué.

C'est en 1945 que le Comité directeur de la SMEP prit la décision de créer au Cameroun , une école de préparation des pasteurs réunissant les candidats du Cameroun, du Togo et du Gabon. Avant cette décision, il y avait déjà dans chacun de ces pays, une école de péparation de formation donnée dans la langue locale aux catéchistes. La nouvelle école destinée à former des pasteurs de plusieurs pays devait remplacer les formations locales et à cet effet donnerait un enseignement en français. L'ouverture fut prévue pour l'année 1946 et le pasteur Jean NOUVELON devait s'en occuper mais la maladie de son épouse retarda cette ouverture. Les candidats camerounais déjà recrutés passèrent une sorte d'année préparatoire , sous la direction du missionnaire FARELLY. C'est quand NOUVELON revint en 1947 que l'école ouvrit effectivement ses portes avec onze étudiants évangéliques et quatre étudiants baptistes. Parmi les onze étudiants, il y avait : Simon ETAME, eecué FOUOFE, Philippe KOUOTOU, Paul MODI DIN, Elie MONJO, Paul NYABEYOU ,Rodolphe PESHANDON ? etc. La deuxième promotion recrutée en 1947- 1948 comptait quatre gabonais et la troisième promotion avait deux togolais ( ABOUBRA TOGROTT et Georges SOWO).

De 1947 à 1977, pendant le temps que dura l'Ecole avant de connaître une transformation, 441 pasteurs furent formés dans cette institution . Pendant ces 50 ans, la direction de l'école reçut aussi plusieurs directeurs dont les noms sont :

        - Jean NOUVELLON (1947- 1957)
- Georges ARNERA ( 1957 - 1961)
- Charles Emmanuel NJIKE (1961 - 1970)
- Johannes ROLDANUS (1970 - 1975)
- François KAMGA (1975 - 1977)
- Emile MBOMEKALLE ( 1977 - 1982)
- Hans EDJENGUELE (1982 - 1988)
- David SOBJIO ( 1988 - 1993)
- Fabien OUAMBA ( 1993 - 1997)
- Emmanuel TCHUINJANG ( 1997- 2003)

En 1992, la Faculté de Théologie Protestante de Yaoundé, à cause de son trop plein d'étudiants proposa aux Eglises de transformer l 'école de théologie en Institut Supérieur de Théologie. Ceci dans le but de rapprocher l'enseignement supérieur des Eglises et par conséquent de mieux travailler pour une véritable théologie contextuelle en Afrique. Dès 1993, l'Eglise Evangélique de Westphalie et la Mission Evangélique Unie (MEU) suppléent au manque d'infrastructures en construisant un bloc administratif et une bibliothèque. Une commission composée de pasteurs et de laïcs complète cette mise en place de l'infrastructure matérielle par une proposition de la forme et du contenu du programme de formation. En 1996, l'Eglise Evangélique du Cameroun, l'Eglise Evangélique du Gabon et l'Union des Eglises Baptistes du Cameroun se réunissent en Conseil d'Administration pour transformer l'école de Théologie en Institut Supérieur de Théologie Protestante de Ndoungué. Il doit former en trois ans des licenciés en théologie.

Le10 septembre 1999, le Conseil d'Administration donne à cet institut un nouveau nom, celui de l'Institut Protestant de Théologie de Ndoungué. Ce changement de nom intervient parce qu'il fallait préparer Ndoungué à être un maillon de la future Université Protestante de l'Afrique Centrale et Occidentale (UPACO).
En plus du Baccalauréat en théologie après quatre ans d'études, avec une année de stage entre la troisième et la quatrième année, l'Institut forme des étudiants bacheliers en vue de l'obtention de la licence en théologie après trois ans d'études. La première promotion des licenciés y est sortie en juin 2000.
Les conditions d'entrée dans cette structure sont les suivantes :

- être recommandé par une Eglise membre fondateur de l'institut,

- passer un examen écrit selon le cycle (cycle Baccalauréat et Licence),

- être âgé de 35 ans au plus.

Raison d'être de l'institut

Cette structure de formation a pour ambition non seulement de former des pasteurs mais aussi et surtout d'assurer un enseignement de qualité en théologie. Elle se veut une institution qui forme à la recherche socio- religieuse, à l'analyse sociale en vue de l'évangélisation et du témoignage chrétien. En fait, son objectif fondamental est de doter les étudiants des diverses Eglises fondatrices d'une nouvelle génération de pasteurs, d'évangélisateurs et d'animateurs théologiques capables de répondre aux besoins profonds des chrétiens et aux quêtes essentielles des populations surtout en ces temps où les Eglises d'Afrique sont appelées à intensifier leur présence dans la dynamique de la renaissance et de la reconstruction du continent à la faveur du NEPAD ( Nouveau Partenariat pour le Développement de l'Afrique).

Actuellement, les étudiants de cet institut viennent des Eglises membres de la Fédération des Eglises et Missions Evangéliques du Cameroun(FEMEC), de l'Eglise Evangélique du Gabon. Ainsi, l'IPTN en collaboration avec la Faculté Protestante de Théologie de Yaoundé reste fidèle et soumis à la parole de Dieu, aux confessions de foi issues de la Réforme, à sa vocation interecclésiastique, internationale et oecuménique. Le nombre des étudiants varie entre 50 et 55 étudiants. Ces derniers ont à leur disposition une bibliothèque digne de ce nom, qui les aide à mener à bien leurs recherches.

Le profil du pasteur formé à l'IPTN

Dans cette nouvelle société fondée sur l'informatique, l'ntelligence et le savoir, l'IPTN se propose de former des pasteurs adaptés à ce contexte, car il faut donner une âme , une spiritualité à cette nouvelle société. Des pasteurs qui se mettent au service des Eglises et de l' Evangile, une bonne culture générale leur est indispensable dans les différents champs de la vie moderne. D'où la nécessité d'une formation pluridimensionnelle et dans les axes suivants :la cure d'âme, la diaconie (fonction sociale de l'Eglise), et l'accompagnement dans les crises du cycle vital. Il doit accomplir les actes pastoraux avec un savoir- faire.

A notre époque caractérisée par une situation sociale complexe, pluraliste, l'exercice des fonctions pastorales exige des compétences qui impliquent aussi bien sa personne et ses dons que ses capacités professionnelles.

Quant au corps enseignant, les professeurs sont envoyés par les Eglises fondatrices, les partenaires pour les matières d'appui aux matières fondamentales de formation théologique. L'encadrement des étudiants est assuré par une dizaine d'enseignants dont quatre docteurs, un historien, un néotestamentaire, un vétérotestamentaire et un éthicien. De temps en temps, l'institut reçoit aussi des professeurs étrangers et de la Faculté de Théologie Protestante de Yaoundé. Le nombre d'enseignants permanents varie d'année en année de cinq à six et les vacataires sont au nombre de sept.

L'existence d'un Centre de Formation Féminin est une innovation qui rehausse cet institut. En fait, les épouses des étudiants de cette structure avec l'aide des Pays Bas reçoivent une formation organisée autour de trois grands centres d'intérêts que sont : le développement de la vie spirituelle, l'apprentissage des petits métiers de ménage et la culture générale.

Par ailleurs, une chorale composée d'étudiants et de leurs épouses animent les cultes de dimanche et fait souvent des sorties d'évangélisation.

Sur le plan de l'offensive diplomatique, l'institut ne vit pas en vase clos.

Loin de là, il entretient des relations avec la CEVAA, la MEU, l'Eglise Evangélique de la Westphalie en Allemagne et le Bureau pour l'Afrique et le Moyen- Orient du Département Service du Monde des Eglises Protestantes Unies aux Pays Bas.

Vivre le ministère pastoral aujourd'hui

Le pasteur type formé à l'IPTN doit vivre son ministère : joyeusement- librement- combativement ... qualitativement maintenant et dans l'avenir. Il faut veiller à ce que la formation des pasteurs soit un dialogue permanent entre l'Eglise et la société et entre l'Eglise et l'institut.

En perspective, l'institut souhaiterait rendre le corps professoral aussi complet que possible au cycle licence. Avoir des coopérants comme enseignants permanents, gagner par la même occasion la confiance des partenaires et relancer avec leur soutien, les activités d'appui jadis florissantes, à côté du programme classique de formation des pasteurs. Et enfin améliorer les infrastructures d'accueil des professeurs et des étudiants.

Rév. Dr EMMANUEL TCHUINDJANG