Centre Social de Ntolo

L'Eden des laissés pour compte

L'EEC dans son souci quotidien et permanent de joindre la parole évangélique à l'acte concret, oeuvre beaucoup dans le social. Ainsi , le Centre Social de Ntolo (CSN) en est une parfaite illustration.

Situé à 1,5 Km de la route nationale reliant Douala à Nkongsamba, on y accède soit par Eboné, soit par Ndoungué. Construit par les Allemands en 1894, le bâtiment principal de ce centre est toujours solidement implanté. C'est en 1974, qu'une française, Soeur Gisèle PARIS, fonda véritablement ce qui allait devenir le CSN. A l'origine, elle entreprit d'accueillir les filles mères qui étaient rejetées par leurs familles, progressivement ,elle reçut aussi les enfants orphelins, abandonnés ou tout simplement en grande difficulté sans distinction d'âge. Aujourd'hui, ce centre a pour vocation d'accueillir et d'éduquer des enfants orphelins, des enfants à problèmes dont la structure familiale dégradée porte préjudice à une croissance et une éducation normale.
Pour ce qui est des pensionnaires, les enfants sont recrutés à partir de 6 ans. Recrutement lié à l'enquête du Ministère des Affaires Sociales qui donne son approbation.


Centre social de Ntolo
En cette année, le centre comprend 95 enfants par mi les quels 78 garçons et 17 filles ( 45 enfants dans le secondaire et 50 dans le primaire)soumis à un régime dit internat, il a une capacité de 127 places. Quant au personnel , au mois de septembre 2006, le centre a reçu un couple français M & Mme ERTZSCHEID pour appuyer le travail fait à travers leurs compétences d'éducatrice spécialisée et de technicien en bâtiment.

22 employés assurent le fonctionnement de ce centre ( 6 éducateurs, 4 cuisinières, 3 lingères, un chauffeur, 2 fermiers, 3 cultivateurs et 3 vigiles).

Activités des enfants

Le centre doit aider les enfants à se reconstruire dans leur dignité d'Homme à travers la scolarisation et le travail sur le comportement. La journée au centre débute à 6 h du matin et prend fin à 20h30 les jours ouvrables et le dimanche, 22 h le samedi. Nous voulons que la vie au centre soit identique à celle d'une famille normale.

Sur le plan santé, un contrôle sanitaire systématique est fait les premiers mercredis du mois. Il a été organisé récemment un dépistage volontaire et anonyme du VIH/SIDA afin que chacun connaisse son statut sérologique.

Côté alimentation, pour une plus grande variété de menus pour les enfants, nous avons eu recours aux services d'un nutritionniste.

Pour ce qui est des loisirs, le mercredi après midi, nous organisons des concours de dictée, de culture générale, de calcul rapide. Chaque épisode de jeux s'étale sur un mois en commençant par les huitièmes de finale jusqu'à la finale. Les résultats des différents jeux sont sanctionnés par des remises solennelles de prix aux lauréats. Bien que les loisirs éducatifs, cependant , les garçons ont des matchs de football certains samedis après midi.

L'ordre et la discipline sont des maîtres mots au Centre.

En effet, à la fin de chaque mois, la réunion des enfants est animés par deux éducateurs. Cette discipline est régie par des codes tels que le règlement intérieur et le conseil de discipline où les enfants sont représentés par leurs délégués.

Vie spirituelle

Tout acte posé au Centre doit être une manifestation de l'amour de notre Seigneur Jésus-Christ pour nous , pour ces enfants qui pour la plupart , n'ont jamais entendu parler de Dieu , ou qui croient que Dieu les a abandonnés puisqu'ils sont orphelins ou laissés pour compte.

Pour un meilleur encadrement spirituel, l'aumônerie est faite par les étudiants de l'Institut Protestant de Théologie de Ndoungué.

Le dimanche , les enfants font le culte à la paroisse de Ntolo Ekohock à 200 m du Centre.

Par ailleurs, le Centre reçoit de temps en temps des dons et des visites de groupes ou de personnalités (SG de la Cevaa, D- M Echange et Mission etc.)

Tout en consolidant les acquis, nous voulons continuer à faire connaître le Centre autour de nous. Les enfants ont commencé à avoir confiance en eux, cela ne doit pas être un feu de paille. Ils doivent se libérer totalement de leur peur, prendre conscience qu'ils sont eux aussi citoyens à part entière de notre pays, du monde.

L'apprentissage aux petits métiers est une réelle préoccupation, la plupart des enfants ne peuvent pas aller au-delà du BEPC, il leur faut apprendre un métier. Il nous faut donc des unités de formation professionnelle. A cet effet, nous avons entamé la mise en place d'une bananeraie, nous sommes à 1200 pieds de bananes plantains sur les 2000 que nous projetons mettre en terre. Il y a également 500 pieds d'ananas et la saison écoulée, nous avons eu une bonne récolte de maïs. En outre, notre porcherie est opérationnelle et compte 38 pourceaux, deux truites en gestation. Dès que nous trouverons le financement, nous commencerons l'élevage des poules.

Nous souhaitons que les personnes de bonne volonté ou des oeuvres caritatives nous aident à construire un dortoir pour les adolescents et des salles de classe pour l'apprentissage aux petits métiers.

Justine NANTCHO