Emilienne Elong
« La femme doit être intégrée dans la société de sorte qu’elle se sente un être humain à part entière… »
La Déléguée Régionale du Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille (MINPROFFA) en tant qu’oratrice principale de l’atelier d’échanges sur le Gender empowerment nous donne quelques pistes et solutions pour la revalorisation de la femme tant dans l’Eglise que la société civile.

Comment définissez-vous le Gender empowerment ?
Le gender empowerment c’est cette séparation de sexes qui est paralysante pour la femme. En effet, la femme doit être intégrée dans la société de sorte qu’elle se sente un être humain à part entière différente de l’homme par son sexe mais pas par sa façon de voir les choses, de penser et que l’homme reconnaisse que la femme peut s’insérer dans la société et l’aider ; la société ne peut se développer que quand les problèmes de genre sont pris en compte avec toutes les capacités que chaque sexe peut avoir de participer pour le progrès économique de la société.

Nous voyons bien que dans nos Eglises et dans la société, la femme malgré son dynamisme est dévalorisée. Alors à votre avis, revaloriser le rôle de la femme ?
Particulièrement pour moi dans la société, on peut revaloriser le rôle de la femme par exemple en organisant ce genre d’atelier d’échanges, en débattant sur les problèmes de la femme, en association on peut faire des formations aux femmes, des formations en activités génératrices de revenus pour assurer son indépendance financière et des formations dans l’alphabétisation pour qu’elles acquièrent certaines aptitudes qui lui permettent de gérer son quotidien et ses activités.
Et maintenant les femmes doivent faire par exemple des plaidoyers, le plaidoyer peut se faire au niveau de l’Eglise, des instances supérieures, sociales et même à l’Assemblée Nationale pour que les femmes soient intégrées, écoutées et prises  en considération. Par ailleurs, les femmes elles-mêmes ont le devoir de participer aux décisions de tous les organes ce qui signifie participer à un vote à quelque niveau que ce soit. Généralement les femmes se débinent chaque fois que l’on parle de vote.


Justement au regard des prochaines échéances électorales, avez-vous un message fort à l’endroit des femmes ?
En fait, je voudrais leur dire que si nous célébrons aujourd’hui la journée internationale de la femme le 08 mars, c’est que les femmes se sont battues depuis des années pour que nous obtenions le droit de vote. Et on ne peut pas l’avoir obtenu à la sueur du front, et même certaines ont été décapitées et si elles l’ont été, c’était pour une bonne cause. Il faut donc que nous exploitions cette opportunité qui nous est offerte à savoir, amener les femmes à exercer leurs droits civiques qui est de voter : de savoir dire non pour le candidat qu’elles ne veulent pas , de savoir dire oui pour celui qu’elles veulent ou de tout simplement s’abstenir mais quand même aller voter pour quelqu’un, pour un idéal c’est leur droit et il faut qu’elles se l’approprient.


Esther Fotso