54è Synode Général de l’EEC
« Promouvoir et développer une culture de l’éthique au sein de l’EEC »

C’est l’une des réformes que les membres responsables de l’EEC entendent mettre faire appliquer.

Chez les Protestants, parler « réforme » envoie toutes les pensées à Luther. Celui qui a eu à mettre un point d’honneur sur la différence entre la religion et la foi. A cela, on se dit que la Réforme est une chose du passé. Or l’Eglise Evangélique du Cameroun marque son entrée dans sa nouvelle ère par la Réforme.
L’EEC a eu le courage pendant quelques années de procéder à son évaluation. Cette évaluation, aujourd’hui, se trouve être à l’origine de la Réforme que le Bureau de l’Eglise a déposée sur la table de la Commission Exécutive ainsi qu’au 54è Synode Général qui a eu lieu du 1er au 07 Mars 2010 à Foumbot dans la Région Synodale du Noun Sud. A cette occasion, beaucoup d’éléments nouveaux des informations, des réflexions demandant une étude approfondie avec des propositions de solutions qui vaillent à une Eglise telle que l’EEC en train de recentrer ses valeurs de base que sont : la spiritualité, l’éthique, le témoignage et le service, le leadership et la gestion. Ce ne sont pas de vains concepts mais des programmes de la Réforme.
Le Secrétaire d’Eglise, le Pasteur Jean Samuel Hendje Toya, à partir du thème de l’année « vivre et marcher selon l’Esprit Saint », ouvre le concept de la Réforme. Et dans sa démarche, l’Eglise doit entreprendre un  certain nombre de chose, adopter des attitudes nouvelles en se débarrassant des attitudes pérennes. Tout en faisant remarquer que l’allergie au changement et l’hostilité à la nouveauté font toujours écran au changement et à la réforme, le Pasteur Hendje Toya affirme qu’il s’agit de la pertinence de l’EEC dans le contexte d’aujourd’hui ; il s’agit de la reformulation de notre Foi, un souci d’articulation de l’évangile en rapport avec la réalité sociologique, matérielle et économique de notre temps si elle, l’EEC veut évoluer avec l’histoire.
Les chemins du changement et de la reformulation de la foi sont multiples et divers. Le travail, l’élément moteur des priorités collectives et individuelles, repose sur le principe de l’obligation de résultats. L’éthique, une autre clé dont l’EEC a besoin. Car avec regret, le Secrétaire d’Eglise constate que l’Eglise est devenue un champ de culture et un terrain fertile à toutes les pratiques et à toutes les dérives. C’est mauvais de cautionner un système où les artisans de l’entreprise sont les premiers traitres de leurs propres valeurs. C’est de l’imposture, le mot n’est pas assez fort ! Ainsi promouvoir et développer une culture éthique dans l’EEC, c’est reconnaître le péché du passé et s’attaquer aux défis du présent. Et il n’est pas question d’avoir peur des défis. Au niveau des ressources humaines, le système du coaching brise tout élan de développement, d’harmonisation et de modernité. Il étouffe l’esprit de la libre entreprise faite de créativité et d’inventivité ; il réduit l’éclosion des talents et des compétences. Toute cette brimade a un nom, le tribalisme. C’est du tribalisme que sont nés la mal – formation, la mal – gestion des ressources humaines pour aboutir à la médiocrité. C’est ici le lieu d’apprécier l’évaluation. L’évaluation, désormais constituerait le point final de tout programme mis en œuvre dans l’EEC.
Pour Jean Us Tchinda, Coordinateur National des Œuvres, le souci se situe sur l’indifférence des œuvres de témoignage vis-à-vis de l’Eglise, leur fondatrice. Leur indépendance insolente réduit la marge de manœuvre et l’efficacité de la Coordination Nationale des Œuvres. Pourtant, un maillon justifié de la réforme est l’intégration des œuvres de témoignage. Sur le terrain, cependant, la résistance est incomparable. Il y a quand même un éclairci du côté des Directions de l’Enseignement et de l’œuvre Médicale qui sont en train d’élaborer leurs organigrammes en fonction de la fondatrice, l’Eglise Evangélique du Cameroun.
Le Trésorier Général, Mr. Théodore Nsangou, opte pour la différenciation des postes de travail, de leur organisation et de leur fonctionnalité de la base au sommet. La fluidité dans le système financier entraine la transparence et la visibilité dans la gestion que le trésorier ne soit plus un caissier mais un expert financier professionnel en la matière.
La Commission Exécutive a eu matière à réflexion. Elle a pris ses responsabilités. Ainsi s’en est-il suivi des résolutions, des décisions et même des exhortations qui sûrement vont placer l’EEC sur l’orbite de la réforme sans risque d’effondrement. Au contraire !

Catherine Modi Din