Réflexion sur  l’aumônerie scolaire
« L’Aumônerie, c’est une leçon de caractère »
Avoir au moins un enfant reste et demeure une grâce pour tout homme (Gen : 4/1). Mais le rôle de parents ne s’arrête pas à la procréation.

Le plan de Dieu est un impératif : « instruis l’enfant selon la voie qu’il doit suivre et quand il sera grand, il ne s’en détournera pas » (Prov : 22/6). Pour CHEIK Hamidou KANE, « nos champs les plus chers, nos graines les plus chères, ce sont nos enfants ». C’est dire combien les enfants constituent partout une préoccupation pour la société. Ensemble, ils forment la jeunesse que les hommes politiques qualifient de « fer de lance de la nation ». La crise économique et la mondialisation ont profondément bouleversé les structures sociales. Chaque enfant aujourd’hui voudrait devenir son propre professeur, son propre éducateur. Il a la prétention de devenir adulte par lui-même par la désinvolture et la violence. Ni l’échelle des valeurs, ni les valeurs morales  n’existent pour eux. Face à la situation, les Eglises s’adonnent à la recherche. Recherche de formules qui puissent permettre de veiller, de surveiller, de modeler jour après jour la santé morale et spirituelle de la jeunesse, le futur vivant de notre pays.

EWAN Dennis
Principal Collège Elie Allégret / Mbouo

L’Eglise Evangélique du Cameroun (EEC) est de celles-là, qui se préoccupent des problèmes de la Jeunesse.  Elle se déploie partout où le besoin se fait sentir. Il existe un Département de Jeunesse en son sein. Elle a aussi mis en place un  Service d’Aumônerie Nationale. Le souci de l’EEC, c’est une présence évangélique permanente dans les institutions scolaires. L’aumônerie scolaire, pour la formation morale et spirituelle des jeunes en milieu scolaire, un vrai sacerdoce. Ces hommes et ces femmes, généralement Pasteurs consacrés, sont des témoins de l’Evangile, des prototypes de la volonté de Dieu, en actes et en paroles. Ils doivent, sans équivoque, enseigner la Parole de Dieu aux enfants, leur donner des repères.  Quel sera donc le contenu de cet enseignement, parlant de l’Aumônerie des Lycées et Collèges ? Il faut avant tout connaître le milieu et l’habitant. Dans ce milieu apparemment béat, il se passe beaucoup de choses. Les jeunes ont des préoccupations nombreuses. La mondialisation, l’ouverture et l’étalage des voies de communication sévissent.

Les Jeunes d’aujourd’hui ont besoin de savoir, comprendre, découvrir, prendre des initiatives, décider…. ils ont besoin de dénoncer, crier attaquer, refuser, anéantir… ; ils ont besoin d’être libres. Mais comment, dans un monde où tout leur échappe ? C’est l’occasion d’évoquer le travail des aumôniers. Ceux-ci sont auprès d’eux et tentent, par un encadrement spirituel de leur prêter une oreille attentive. Il s’avère que leur enseignement est inadapté ou pas assez profond pour pouvoir les ébranler et les sortir d’un questionnement sans fin. D’ailleurs d’aucuns manquent de temps matériel pour s’en occuper.    C’est pourquoi l’Aumônerie scolaire, à notre humble avis, doit être désormais définie comme une initiative aux valeurs éthiques fondées sur l’Evangile. Autrement dit, c’est un encadrement spirituel inspiré de la Parole de Dieu. Il permet à un enfant de grandir dans une atmosphère d’humilité, de respect, de confiance, de justice, de vérité, d’amour, de loyauté et d’espérance entretenue par l’adoration et la prière. Il ne s’agit pas d’un enseignement doctrinal.
C’est une réflexion, une quête, une tentative d’application des plans et exigences de Dieu pour les hommes et le monde.. Elle doit compléter, relier et ennoblir tout  l’apprentissage reçu afin de développer dans l’homme  d’avenir un cœur, une intelligence, une conscience. Les enseignants et les aumôniers, on peut le dire forment un tout dont le rôle essentiel est de faire de chaque enfant, un homme et/ou un citoyen spirituellement et moralement honnête. Aussi doivent-ils les rapprocher et insister tant sur les valeurs spirituelles œcuméniques que sur les dogmes qui divisent. Il s’agit d’apprendre aux enfants comment faire des efforts pour « vivre ensemble ». Car plus tard dans leur existence, ils distingueront dans la société « le bas et le vil », de « la noblesse et la générosité » et du « travail bien accompli ».    L’aumônerie est une leçon du cœur, ce  qui ne vient pas du cœur ne peut pas aller au cœur.
L’Aumônerie, c’est une leçon du caractère ; conduire les enfants à quelques réformes pratiques, leur apprendre un savoir-faire, un savoir être,  un savoir espérer , un savoir vivre, un vouloir être, un vouloir faire et un vouloir vivre ensemble. Former ou reformer une âme libre n’est pas l’œuvre d’un jour. Il demande beaucoup de temps. Aussi convient-il de s’exercer des cas pratiques visant sur les comportements, les habitudes et les attitudes. L’Aumônerie, enfin, est une leçon de l’âme. Ce ministère ne pourra avoir de valeur que s’il fait vibrer les grandes cordes de l’âme par son inspiration de la Parole de Dieu. Son unité doit avoir la force d’une doctrine qui anime et organise la pensée, le sentiment et l’action. Certes, comme toute œuvre humaine, l’Aumônerie scolaire est fragile et reste menacée par les mutations sociales. Nous comptons sur l’esprit de créativité des Aumôniers, principaux acteurs de ce ministère. Leur efficacité et leur crédibilité donnent à l’EEC d’espérer. Former la Jeunesse d’aujourd’hui, c’est construire l’Eglise de demain.

EWAN Dennis
Principal Collège Elie Allégret / Mbouo