Culte de Sangmélima
Réaction du Président de l' EEC au protocole de Maputo
« Le respect de la femme, c’est une lutte que nous soutenons et encourageons »


Pasteur Isaac Batomé Henga,
Président de l’EEC

Nous savons tous en quel moment nous vivons. Et nous n’avons plus le droit de perdre le temps dans les futilités qui nous empêchent d’avancer. Nous savons aussi que grâce au génie humain, les progrès de la science bouleversent nos habitudes. Le monde est devenu, comme le disent les spécialistes, un grand village et nous dépendons de chacun, c’est bien la mondialisation. C’est un monde plein d’espoir mais en même temps de menace et de chance, mais aussi de détresse, de possibilités, et hélas aussi d’injustice qui forment de traits douloureux au visage de Christ en raison des conflits qui ensanglantent tant de régions dans le monde. La crise morale et toutes ses conséquences, la montée des peurs, des fanatismes, des intolérances et de toutes les formes de déviances. Les crises institutionnelles ne sont pas les moindres.
L’Eglise elle-même n’est pas éloignée de tous ces fléaux qui minent notre société, notre monde. Car elle-même est malade de ses ouvriers, de ses propres enfants formés selon les valeurs républicaines. Face à cet horizon taché de sang, d’injustice et d’immoralité, nos Eglises doivent maintenir plus que jamais la Foi. Elles doivent continuer d’élever des prières pour notre peuple, témoignant ainsi de la mission de la paix, qui sont un devoir spécifique de l’Eglise, de ceux qui se réclament de Christ. Mais elle ne saurait se taire là où les droits de la personne humaine sont bafoués.
Concernant le protocole d’accord légalisant récemment, à Maputo (Mozambique), l’avortement, nous trouvons en tant qu’Eglise qu’il est anormal qu’on vienne aujourd’hui valoriser l’interruption volontaire de grossesse sous prétexte que la femme est libre de disposer de son corps comme elle l’entend. Le respect de la femme, c’est une lutte que nous soutenons et encourageons. Mais cela ne devrait pas se réduire à la légalisation de l’avortement.
Nous n’ignorons pas, cependant, qu’il existe des cas où il est question de sauver la vie de la mère. Mais il sera difficile, en tant que Eglise, de prêter le flanc à l’ennemi pour développer des techniques subtiles de destruction de la vie humaine. Les êtres humains doivent être traités avec justice et égalité comme nous le recommande notre Seigneur Jésus Christ. Cela doit se faire conformément aux normes établies par la Parole de Dieu qui met un accent particulier sur le respect de la vie humaine et sur la pérennisation de la création.
En attendant que la DEC (Direction de l’Education Chrétienne) de notre Eglise se penche sur cet épineux problème, je voudrais, en tant que premier responsable de notre Eglise prendre sur moi, de dire  ici haut et fort ce que nous pensons de cette haute question qui touche au cœur de la vie… Imaginez un seul instant que, si nos mamans avaient pris le plaisir d’avorter en toute liberté, nous n’existerons pas. Voyez bien le tort que nous causerons à ce pays.
Ce Dieu qui donne la vie nous utilise comme des instruments pour la création, pour la procréation. L’Eglise Evangélique du Cameroun, notre Eglise est multiple. Elle constitue pour le Protestantisme camerounais et l’Afrique au Sud du Sahara, une force avec laquelle il faut désormais compter. Avec près de trois millions de fidèles, elle ne saurait se complaire à la médiocrité.